École Universitaire de Recherche ArTeC, « Évocations Antiques »

Du 12 au 29 mars 2025

École Universitaire de Recherche ArTeC, "évocations antiques"

ArTeC est une École Universitaire de Recherche (EUR) consacrée à la recherche-création. Implantée sur les sites des universités Paris 8, Paris Nanterre et du Campus Condorcet, elle accompagne les pratiques expérimentales qui s’appuient sur des gestes artistiques pour renouveler les formes de la recherche universitaire. Elle a pour objectif de concrétiser des articulations originales entre recherche et formation supérieure (master, doctorat), entre création artistique, cognition et technologies numériques, entre humanités, ingénierie, design et sciences humaines et sociales, entre campus universitaires, institutions culturelles, activismes associatifs et entreprises privées.

site : eur-artec.fr

Présentation du cours : 

Responsable : Fabien Boully et Anne-Violaine Houcke

Cet atelier a reposé sur un partenariat entre l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles (ENSP), l’Université Paris Nanterre et l’EUR ArTeC. Il a mis en œuvre un partage de compétences entre des étudiant·es de plusieurs formations : le master international Cinéma et Mondes contemporains (IMACS – International Master in Cinema Studies) et le master Cinéma, Histoire des formes et Théorie des images (CHFTI), deux masters de l’université Paris Nanterre orientés vers la recherche théorique, le master de l’EUR ArTeC spécialisé dans l’expérimentation en art, et le master de l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) d’Arles. 

L’atelier s’est construit à partir d’un constat : qu’une statue de marbre antique puisse apparaître comme la matrice de femmes contemporaines n’est pas étonnant, car les découvertes des copies romaines d’originaux grecs ont informé les représentations modernes de la féminité et de la virilité (voir G.L. Mosse et son essai L’Image de l’homme. L’invention moderne de la virilité, 1997). Les représentations filmiques se construisirent à leur tour sur ces fondations, le star système hollywoodien poursuivant, souvent explicitement, l’analogie entre les déesses de l’écran et leurs ancêtres mythiques et sculpturales (voir M. Williams et son essai Film Stardom and the Ancient Past, Idols, artefacts and epics, 2017). Il n’est pas anodin que ce médium, art de la reproductibilité technique et de la circulation mass-médiatique des représentations, ait partie liée avec la circulation des stéréotypes de genre. Plus encore, les représentations de Vénus, et singulièrement de la Vénus d’Arles, hantent les images, jusque dans le contexte le plus contemporain (comme la redroom de Twin Peaks, saison 3 [2017]). 

Dans la perspective d’un workshop de recherche-création, marcher « Sur les pas de Vénus », ce fut alors engager un travail articulant une pratique de terrain (déambuler, enquêter, enregistrer), des enjeux de création (démarche-protocole, méthode-mise en œuvre) et des questionnements scientifiques (la circulation des représentations, entre reprises, imitations, stéréotypes, routines et sentiers battus d’un côté, et les voies de traverse, le hors-piste et les passages secrets de l’autre).

PROGRAMME VIDÉO

La fresque | Isis GARRUS, Yuhua LAI | 2025

La Fresque est un projet de performance filmée mettant en œuvre une (dé)construction de l’image de Vénus, réalisée par Yuhua LAI et Isis GARRUS dans le Musée Départemental Arles Antique, au bord du Rhône et dans l’ENSP. À travers un photomontage, en liant l’ancien texte chinois La fresque de Pu Songlin au mythe de Vénus, notre geste artistique vise à la fois à (re)présenter et à fragmenter l’image de la Vénus telle qu’elle a pu être interprétée, transformée, consumée, transcendée par des créateurs-trices de différentes époques et cultures. Vénus, à la fois une et multiple, devient ainsi une figure ouverte à une diversité de regards et de lectures.

Tierce | Alice MILSHTEIN, Charlotte RIMBAUT, Emmanuel Roch | 2025

Tierce est une proposition de manifeste proto-mathématique selon les multiples de trois. Pour rendre compte de l’expérience des cryptoportiques, nous avons réalisé une exploration formelle des concepts de construction et de déconstruction, non seulement de la figure de la Vénus d’Arles mais aussi du lieu comme espace superficiel doté d’une matérialité spécifique. L’hétérogénéité d’un sol humide sur lequel les gouttes marquent le temps par un rythme irrégulier. Un temps lointain, temps construit ou déconstruit, mais surtout temps oublié de la lumière. L’absence inonde et la Vénus d’Arles, longtemps enfouie sous les vestiges du théâtre antique, émerge à la surface du sol sous forme de fragments. Voici des images et des sons sculptés selon un protocole scientifique rigoureux et pourtant ouvert à l’aléatoire, qui fait écho aux démarches de restauration de la statue antique.

 

Vos yeux me numérisent | Mina CHESNEAU, mathis PODCZASKI, Lou THIEBAUT | 2025

Arrachée à sa terre natale, privée de ses membres supérieurs, la Vénus d’Arles a beaucoup perdu. Au cours de ce travail réalisé au cœur du Museon Arlaten, le numérique cohabite avec le lieu pour tenter de redonner ses bras à la déesse. Couleurs, matières et images de différentes sortes s’enchaînent, se mélangent, se dégradent pour rendre à Vénus des membres n’ayant rien d’antique.

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