Université de Montréal

Du 12 au 29 mars 2025

UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Fondée le 18 octobre 1950, la Faculté de musique de l’Université de Montréal est reconnue comme la plus grande institution francophone d’enseignement de la musique en Amérique du Nord. Favorisant la pluralité des approches et les croisements entre les disciplines d’études dans un esprit de collaboration, la Faculté propose aux étudiantes et étudiants des programmes novateurs et une intégration aux projets de recherche et aux activités de rayonnement. La Faculté accueille en ses murs plusieurs organismes : la Chaire de recherche du Canada en musique et politique, le Regroupement interuniversitaire de recherche et Création – Musiques et Sociétés (RCMS), le Centre Interdisciplinaire de Recherche en Musique, Médias et Technologies (CIRMMT), le Groupe de Recherche en Immersion Spatiale (GRIS). Le Laboratoire Formes • Ondes (LFO) et plusieurs autres.

site : https://umontreal.ca

Présentation du cours : 

Responsable : Jérémie Martineau

L’atelier de Musique Visuelle est un cours semestriel dans lequel les étudiant•es développent leurs compétences en vidéomusique et en performance audiovisuelle. Le semestre d’automne est consacré aux formats fixes, tandis que l’hiver est dédié aux performances en temps-réel. Initialement conçu par le compositeur et professeur Jean Piché, le cours fut entièrement reconstruit par la compositrice et professeure Myriam Boucher afin d’intégrer des notions plus théoriques et délaisser l’apprentissage logiciel, favorisant les approches multiples de la création visuelle (captation vidéo numérique/analogique, montage, post-production, réalisation d’images de synthèse, audio-réactivité, lumières, mapping, etc.). Le cours est ouvert à tous les niveaux d’études et à de nombreux programmes, notamment celui de musiques numériques. Les étudiant•es sont introduits à la typologie des relations son-image de Boucher et Piché (2020) afin de réfléchir de façon plus étroite aux liens entre les univers sonores et visuels. Dans le cadre d’un semestre, plusieurs séances de tournage sont réalisées afin de produire trois études thématiques (texture, forme, mouvement), et un projet final de plus grande envergure. Au travers de ces créations, les étudiant•es développent une approche personnelle et une sensibilité du sonore, du visuel et de leur combinaison. Le programme présenté regroupe 4 vidéomusiques de la classe d’automne (sept-déc) 2024, sous la supervision de Jérémie Martineau. Elles se sont démarqués par une utilisation créative des outils employés et une exploration sensible des relations son image.

PROGRAMME VIDÉO

Resurgens | Alex BRISSON | 2024

Resurgens explore des notions du spirituel par l’opposition de lumière et d’obscurité. Créée à partir de captations vidéo de projections de lumière dans l’eau, cette lumière se départit de son caractère réel pour devenir des figures abstraites dans un espace imaginaire. Ces figures, par leur cadrages, déploiements énergétiques et compositions musicales, évoquent différentes étapes d’un processus de la destruction à la naissance d’une nouvelle vie, des thèmes centraux à la pratique de l’artiste. Dans ce diptyque, un espace perdu mène au chaos d’un feu destructif, d’où la lueur renait. Une nouvelle vie se manifeste par des gestes flottants puis éclectiques, tel un jet de l’esprit qui apprend petit à petit ce dont il est. Ce film retrace le combat mené par les ONG autour de la chasse au phoque. D’une pratique industrialisée par les pécheurs canadiens et norvégiens qui a suscité une vague de mobilisation des ONG et des associations de protections des animaux car cette chasse était très cruelle. Nous montrons dans ce film le parcours de cette mobilisation montrant les causes mais aussi les conséquences pour des peuples qui dépendent de cette même chasse. À travers des témoignages et des images d’archives nous rendons une voix aux populations autochtones du cercle arctique polaire.

Photocopie | Téo FARLEY | 2024

Plongé dans l’obscurité, l’origine de la seule source lumineuse semble difficile à rationnaliser. Par manque de points de repère, le spectateur découvre un univers fragmenté où se rencontrent photographies de famille d’archive et objets du quotidien. Un souvenir diffus dont les détails tentent de se reconstruire. Par des captations à des distances incongruantes, les textures du papier photographique, photos datant de l’époque des arrière-grands-parents de l’auteur, et les détails microscopiques d’objets deviennent des mondes autonomes. Les contrastes entre tangible et flou, couleurs vives et tons neutres, se déploient en parallèle d’une composition sonore synthétique dont la distorsion et les coupures sont pensées en étroite relation avec l’image. Ensemble, ces éléments suggèrent que les souvenirs sont malléables, se reconstruisent, et peuvent être crus comme vécus par un individu sans jamais avoir eu lieu.

Vestiges | David BABIN | 2024

David Babin est étudiant à la Maîtrise en composition et création sonore de l’Université de Montréal. Sa recherche actuelle se concentre sur la fragmentation des environnements naturels et les phénomènes liés à l’érosion. Il utilise la photogrammétrie et le field recording comme matière première qu’il recompose en paysages de synthèse. Les éclats des lieux qu’il recueille sont témoins d’un monde en métamorphose et questionnent notre rapport envers la nature à l’air du numérique. VESTIGES interroge les nouvelles techniques d’archivage et de captation, mettant en lumière leurs imperfections, leurs erreurs, et la poésie des artefacts qu’elles génèrent. L’auteur est fasciné par les reconstructions erronées créées par la mémoire. Par ce qui reste des souvenirs et des rêves qu’on commence à oublier.

0 | Z Vinheiras | 2025

« Ma est un espace-temps incommensurable où deux mondes se croisent… » — Satsuma Odamura

Puisant dans le concept de ma, « 0 » explore la tension entre temps et espace, espace et non espace, être et non-être et, peut-être, la tension même de la naissance. Peut-être un cycle complet. « 0 » est né du concept japonais de ma, une spatio-temporalité incommensurable présente dans notre perception et, pour ainsi dire, dans l’univers. J’ai abordé ce concept de manière très corporelle lors de cours de butô avec la chorégraphe Denise Fujiwara, où l’on exerçait une lenteur profonde et le mouvement des cycles à travers les marches de butô. Pendant ces marches, on nous mettait au défi de changer de vitesse — graduellement ou abruptement — du très lent au très rapide. Cette transition, la manière dont le corps se mouvait dans l’espace et dans le temps, pouvait être une expérience du ma. Un autre exercice consistait à imaginer être tiré par la poitrine au moyen d’un fil, vers l’avant ou vers l’arrière — toujours dans un mouvement très, très lent. Ce fut pour moi une expérience intime, profondément émotionnelle, vécue dans ce studio. Je suppose que c’est précisément ce moment qui m’a menée à la naissance de cette pièce.

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