Mihai Grecu

Jeudi 12 – Dimanche 29 Mars

melonland
Mihai Grecu

France

Eona Flottaison

Horaires d’ouverture :
Mardi au Samedi 13h > 19h /// Dimanche 14h > 18h

Pour des visites de groupes ou de scolaires, merci de contacter l’équipe de VIDEOFORMES par mail (videoformes@videoformes.com) ou par téléphone (+ 33(0)4 73 17 02 17) au moins 48h à l’avance. Merci de votre compréhension.

L’oeuvre :

Melonland est une immersion dans un univers où la pastèque, omniprésente dans l’été roumain, devient le point de départ d’un monde parallèle. À partir de cet objet banal mais chargé de symboles, l’œuvre réinvente paysages, architectures, objets et situations comme autant de fragments d’un rêve collectif. Les images, générées puis recomposées à partir de modèles d’IA, oscillent entre humour, poésie et inquiétante étrangeté.

Ce projet explore la manière dont un fruit peut devenir un marqueur identitaire, un motif mythologique ou un miroir culturel. Chaque image interroge ce que nous projetons sur les signes visuels : traditions rurales, imaginaires populaires, croyances, mais aussi tensions contemporaines amplifiées par les réseaux sociaux.

Melonland aborde aussi la question du post-vrai : comment une image, même absurde, peut être interprétée de mille façons selon les émotions ou les récits de chacun. L’IA fonctionne ici comme un révélateur des fantasmes collectifs, un « rêve partagé » où le réel et la fiction se contaminent.

En jouant avec les codes du folklore, du pop, du surréalisme et de l’esthétique virale, l’œuvre propose une réflexion sur notre époque : un monde où les symboles circulent plus vite que leur sens, où un simple fruit peut devenir signe politique, terrain de projection ou matière à légende. Melonland est à la fois une parodie, une mythologie nouvelle et un laboratoire d’images sur la manière dont se fabriquent nos croyances.

Crédits :

L’artiste :

Mihai Grecu est un artiste visuel et réalisateur roumain, diplômé du Fresnoy, qui vit et travaille entre Paris et Cluj-Napoca. Son travail, à la croisée du cinéma expérimental et des images de synthèse, explore des visions oniriques, des allégories politiques et des objets surréalistes. Lauréat du Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma, il a présenté et montré ses œuvres dans de nombreux festivals internationaux ( Videoformes, Rotterdam, Montréal,  Videobrasil) et expositions majeures (Grand Palais, Cube, Ars Electronica,  Biennale de l’Image Tangible  etc.).

Site Web de l’artiste : https://mihaigrecu.net/

POUR EN SAVOIR PLUS...

Propos recueillis par Fanny Bauguil (professeure relai à VIDEOFORMES)

  • Comment décririez-vous cette installation ? Que voit-on ? Qu’entend-on ? Qu’y fait-on ?

Melonland est un projet video qui imagine un monde où les pastèques deviennent des symboles culturels, architecturaux et presque… vivants.
On y voit des paysages, objets et situations transformés par la présence surréaliste du « melon ». Parfois, les pastèques deviennent des maisons, des voitures, ou des créatures étranges sorties d’un rêve.
On n’y entend généralement pas de voix humaines, mais des ambiances qui accentuent le côté irréel.
Le public ne « fait » rien de particulier : il se laisse traverser par cette expérience et se demande ce qui est vrai, ce qui est inventé, et pourquoi une simple pastèque peut devenir un symbole aussi puissant.

  • De quoi ça parle ?

Melonland parle du mélange entre réalité et imagination, de la façon dont les images peuvent transformer le monde qui nous entoure. C’est aussi une réflexion sur la culture populaire roumaine où les pastèques sont omniprésentes l’été, mais réinterprétées ici dans un style fantastique et humoristique.
Au fond, c’est une histoire sur la post-vérité, sur comment chacun peut voir dans une image ce qu’il veut, même lorsqu’elle semble absurde.

  • Est-ce la première fois que cette installation est présentée au public ? Parlez-nous du processus.

C’est l’une des premières fois que l’univers Melonland est présenté sous forme d’installation artistique complète.
Le projet a commencé par des recherches sur le rôle symbolique des pastèques en Roumanie, puis par des centaines d’expérimentations avec l’intelligence artificielle.
Chaque image passe par de nombreuses versions : rien n’est « instantané ». Je combine AI, retouche manuelle, montage et une réflexion conceptuelle pour que Melonland ressemble à un rêve collectif et pas seulement à une image générée.

  • Quels artistes ou formes artistiques nourrissent votre démarche ?

Pour ce projet j’ai été influencé par :

l’art popet les artistes qui ont transformé des objets simples en icônes, comme Takashi Murakami ou Kaws ;

le surréalisme, pour la manière de transformer le quotidien ;

la culture rurale roumaine, ses symboles, ses rituels ;

et les mythologies modernes créées par Internet.

Melonland fait référence à cette fusion entre culture populaire, memes, humour, folklore et images numériques.

  • Quelles difficultés ou défis avez-vous rencontrés ?

Le plus difficile est de dompter l’AI qui fait parfois des erreurs étranges, refuse certaines images, ou manque de cohérence.
Un autre défi est de créer un monde qui soit à la fois drôle, critique et poétique, et qui parle aussi bien aux enfants qu’aux adultes.
Il faut aussi choisir quelles images garder, quelles idées développer, et comment éviter que l’installation devienne purement décorative.

  • Où peut-on voir votre travail ?

Chaîne YouTube : Melonland8

Instagram : @thegrecu  et Tiktok : @melonland8

  • Quelques mots-clés pour accompagner l’installation :

pastèque, fantaisie, post-vérité, surréalisme, folklore, humour, imaginaires populaires, IA, nouveaux mythes, melon-univers.

  • Quelques mots sur votre parcours artistique : quand avez-vous commencé le numérique ? Arrivez-vous à en vivre ?

Je travaille avec l’image numérique depuis plus de vingt ans et avec l’AI depuis 2019.
Dès l’adolescence, je m’intéressais aux mondes imaginaires, à la science-fiction et aux images manipulées. Le numérique est devenu mon terrain principal, parce qu’il permet de créer des univers entiers à partir d’idées.
Aujourd’hui je vis de mon activité, mais comme beaucoup d’artistes, c’est un équilibre fragile fait de projets, commandes, résidences et expositions.
Être artiste aujourd’hui, c’est chercher des manières nouvelles de regarder le monde, même lorsqu’il change très vite.

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