Du 12 au 29 mars 2025
ArTeC est une École Universitaire de Recherche (EUR) consacrée à la recherche-création. Implantée sur les sites des universités Paris 8, Paris Nanterre et du Campus Condorcet, elle accompagne les pratiques expérimentales qui s’appuient sur des gestes artistiques pour renouveler les formes de la recherche universitaire. Elle a pour objectif de concrétiser des articulations originales entre recherche et formation supérieure (master, doctorat), entre création artistique, cognition et technologies numériques, entre humanités, ingénierie, design et sciences humaines et sociales, entre campus universitaires, institutions culturelles, activismes associatifs et entreprises privées.
site : eur-artec.fr
Présentation du cours :
Responsable : Fabien Boully, Aurore Mréjen et François-David Sebbah
Le cinéma offre une expérience du visage qui dépasse la question de la représentation. Cela tient d’abord au rapport au visage, comme rencontre avec l’altérité, au-delà de toute fixation dans une forme définissable. Emmanuel Levinas explique à ce propos que la transcendance de l’autre ne peut être appréhendée que par l’éthique, la responsabilité infinie qui m’incombe à son égard, et non par la représentation sensible. Mais si la question de la représentation ne suffit pas à rendre compte de l’expérience du visage au cinéma, c’est aussi parce que le cinéma est écriture. Robert Bresson en fait l’assise de sa théorie du cinéma dans ses Notes sur le cinématographe : « Le cinématographe est une écriture avec des images et des sons ». Il y a écriture parce que la création cinématographique s’élabore par des mises en rapports et des mises en relations, que la fragmentation du signifiant cinématographique appelle. Ces interrogations soulèvent la question de ce que l’on vise par le terme de « visage ». Dans Mille Plateaux, Gilles Deleuze et Felix Guattari affirment que le visage n’est pas un universel, mais une valeur propre à la civilisation occidentale et chrétienne. Il s’agit d’échapper au visage, à la machine abstraite de visagéité, qui sert à trier les visages, produisant ou alimentant au passage le racisme et l’ethnocentrisme. Et qu’en est-il quand certains visages échappent à la norme ou aux clichés, « visages hors norme » en somme, que le cinéma n’a cessé de porter à l’image : visages altérés, défigurés, cassés, brouillés, etc. ? Ils pourraient bien inviter à repenser la poétique et la politique du visage.
C’est donc à faire l’expérience cinématographique du visage qu’ont été invité les participant·es à cet atelier, qui a mêlé approches théoriques et philosophiques, et qui a été également l’occasion de rencontres avec des artistes et professionnel·les du cinéma. Dans une dernière phase de réalisation pratique, les étudiant·es ont réalisé, diffusé et présenté des essais filmiques expérimentaux à partir des problématiques rencontrées et travaillées dans l’atelier.
ChatS/Z | Célia CAROUBI, Juliette PARENT | 2025
Quelle est l’image mentale d’un visage qu’on ne reverra plus jamais ? C’est par l’exploration de la mémoire d’un frère ayant perdu sa sœur que le film Lumen tente de recomposer par des souvenirs et des sensations son visage – inatteignable, fantomatique.
Lumen | Étienne DUPLAN, Julia POIRIEZ, Emmanuel ROCH | 2025
Quelle est l’image mentale d’un visage qu’on ne reverra plus jamais ? C’est par l’exploration de la mémoire d’un frère ayant perdu sa sœur que le film Lumen tente de recomposer par des souvenirs et des sensations son visage – inatteignable, fantomatique.