Chan Sook Choi

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Jeudi 12 – Dimanche 29 Mars

Yangji-ri Archive
CHAN SOOK CHOI

Corée

Centre Camille Claudel

Horaires d’ouverture :
Mardi au Samedi 13h > 19h /// Dimanche 14h > 18h

Rencontre en partenariat avec Les Volcans

Pour des visites de groupes ou de scolaires, merci de contacter l’équipe de VIDEOFORMES par mail (videoformes@videoformes.com) ou par téléphone (+ 33(0)4 73 17 02 17) au moins 48h à l’avance. Merci de votre compréhension.

L’oeuvre :

L’exposition A sunlit site, humid and warm est issue de l’œuvre Yangji-ri Archive, du nom d’un village situé près de la zone démilitarisée séparant les deux Corées. Chan Sook Choi établit un lien entre l’histoire de ses habitants et les questions globales d’appropriation de territoires, depuis la Corée jusqu’aux Andes chiliennes. Le nom du village, empreint d’une certaine fragilité sensorielle, souligne l’influence les forces politiques et les strates du passé sur la relation que nous entretenons avec les territoires que nous habitons.

L’artiste :

La pratique artistique interdisciplinaire de Chan Sook Choi explore l’expérimentation narrative par le biais de la migration physique et mentale. Elle aborde les questions sociales en enregistrant les vibrations et les traces laissées par de fragiles entités humaines et non-humaines. Élue artiste coréenne de l’année en 2021, elle a exposé en solo à la Kunsthalle de Brême (2025), à la Berlinische Galerie (2024), au Centre d’Art Digital de Taipei (2020), au Art Sonje Center (2017) et au Humboldt Forum (2017).

PORTRAIT D'ARTISTE

POUR EN SAVOIR PLUS...

Propos recueillis par Fanny Bauguil (professeure relai à VIDEOFORMES)

  • Comment décririez-vous cette installation ? Que voit-on ? Qu’entend-on ? Que s’y passe-t-il ?

En entrant dans la salle d’exposition, le public découvre plusieurs médias reliant des temporalités et des espaces différents.

– Sur le plan visuel : D’un côté de la salle se trouvent des maquettes en béton imitant les maisons toutes identiques de Yangji-ri (un village près de la zone démilitarisée en Corée), ainsi que des plaques nominatives rappelant des plaques funéraires. De l’autre côté, un grand écran diffuse l’œuvre qbit to adam, qui montre des paysages grandioses: la poussière rouge des immenses mines de cuivre du Chili, et l’observatoire dernier cri ALMA surplombant un désert. Enfin, dans un coin, le radiateur rouge de l’œuvre Artificial Sun tourne en continu en diffusant sa chaleur.

– Sur le plan sonore : Les sons du vent et des engins des mines chiliennes se mêlent aux chants et aux voix off des grand-mères de Yangji-ri. Les sons de la nature et les voix d’individus oubliés se télescopent et emplissent l’espace.

– Action : Les visiteurs ne se contentent pas de regarder l’œuvre; ils marchent dans les pas de l’artiste, ressentent les “vibrations” du territoire que l’artiste a elle-même connues, et vivent les “histoires” des personnes qui y ont vécu. La sensation de froid sec du désert chilien et l’atmosphère humide et chaude de Yangji-ri cohabitent dans l’espace d’exposition.

  • De quoi parle l’œuvre ?

Cette exposition parle de territoire, de personnes et de propriété. Je cherche à savoir à qui appartient un territoire donné, et comment les forces macroscopiques (de l’État ou de grosses corporations) altèrent les vies microscopiques (des individus). Plus particulièrement, en connectant les vies des femmes de Yangji-ri, un village de propagande créé à la fin de la Guerre de Corée, avec les histoires des mines chiliennes qui fournissent le cuivre mondial, je raconte les histoires de personnes qui ont été mises à l’écart et effacées d’espaces invisibles.

  • Est-ce la première fois que l’installation est présentée au public ? Pouvez-vous nous parler un peu du processus de développement qui a mené à l’œuvre finale ?

Ces œuvres sont une combinaison organique de mon projet de recherche au long cours, la série Yangji-ri, et l’œuvre qbit to adam. Ces œuvres ont déjà été présentées individuellement, notamment au MMCA Korea Artist Prize 2021, mais cette exposition les fait s’entrecroiser pour créer un contexte nouveau.

Processus : J’accorde énormément d’importance à la « recherche de terrain » – je ne me contente pas de récolter des données, mais je l’installe sur place. J’ai passé sept mois à Yangji-ri pour interviewer des résidents, puis j’ai traversé le globe pour aller filmer le Désert d’Atacama et les mines de cuivre au Chili (à 5000 m au-dessus du niveau de la mer). Ce déplacement physique associé à une expérience de vie est au cœur de mon travail.

  • Quel.les artistes (toutes disciplines confondues) ou, plus généralement, quelles sont les formes artistiques qui nourrissent vos créations, et possiblement, à quels repères faites-vous allusion dans cette installation ?

Inspiration :Je tends vers une forme d’art interdisciplinaire qui comprend de la vidéo, des installations et des performances, et qui ne se revendique d’aucun genre particulier. À mes débuts, j’étais très inspirée par l’artiste allemande Rebecca Horn, notamment par son travail sur le corps, l’espace et l’immatérialité.

– Repères :Deux repères majeurs figurent dans cette œuvre. L’une est Yangji-ri, un village civil sous contrôle militaire situé près de la zone démilitarisée en Corée, et l’autre est la mine de cuivre Chuquicamata et l’observatoire ALMA dans les Andes chiliennes. En dépit de la distance qui les sépare, les deux lieux sont profondément connectés, car tous deux sont sous occupation de l’État ou du capital.

  • Quels problèmes, contraintes ou défis avez-vous rencontrés au cours de l’élaboration de l’œuvre ?

Les défis les plus importants ont été l’inaccessibilité et les limites physiques. Obtenir des permis de filmer dans des zones contrôlées par l’armée ou d’accès restreint telles que les mines ou les observatoires a été un obstacle majeur. En outre,  vivre dans ma chair les douleurs liées, d’une part, au mal des hauteurs lors du tournage dans un désert à 5000 m d’altitude et, d’autre part, le poids émotionnel des histoires de guerre et de déplacements ont constitué de réels défis quand il s’est agi de sublimer ce vécu en art.

  • Pouvez-vous nous indiquer un lien sur lequel découvrir vos œuvres en ligne ?

Site officiel : www.chansookchoi.com

Pouvez-vous nous donner quelques mots-clés en lien avec votre installation ?

# Pushed away and leaking out, # Movement, # Research-based Narrative, #Female_Narrative, #Artistic_Research

  • Enfin, quelques mots sur votre développement artistique : Quand avez-vous commencé à vous intéresser à l’art numérique ? Parvenez-vous à vivre de votre art ?

Développement :Je me suis installée à Berlin en 2001 pour étudier la Communication visuelle et les arts des médias. Dès le début, j’ai été plus attirée par l’image animée, le son et l’espace que par la peinture sur toile. Cet intérêt pour l’immatériel et les entités en mouvement m’ont naturellement menée à travailler sur des installations mêlant médias numériques et vidéo.

– Note personnelle de l’artiste :Mon travail est un processus continu de captation d’entités et de sensations à la fois rejetées et s’écoulant lentement. Je recherche les traces de mouvement et les identités errant dans des zones frontière et démêle les histoires qu’elles portent en elles par le biais de l’art multimédia.

En parallèle de mon travail d’atelier, je donne des cours à l’université, ce qui me permet de nouer des relations sur un plan différent. Pour moi, l’université est plus qu’un simple endroit de transfert de savoir; c’est un lieu où les artistes de demain se reconnaissent d’égal.e à égal.e et constituent les premières mailles de leur réseau dans le milieu de l’art.

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